Médecin généraliste; un métier à défendre

IMG_0329Il est agréable cet instant où la porte du cabinet se ferme et où je me trouve seule devant un patient auquel je vais donner toute mon attention. Je sais à ce moment-là que le coeur de mon métier est ici dans ce face à face.

La porte fermée, j’oublie le temps de cette consultation que le métier de médecin généraliste n’est pas aisé en ce moment et que je comprends pourquoi les jeunes médecins freinent à s’installer.

La porte fermée, j’oublie qu’en début d’année, des mouvements de protestation se sont levés contre cette loi de santé qui apporte peu de reconnaissance et de revalorisation de notre métier et que ces mouvements ont été malheureusement peu entendus.

Face à mon patient, je prends le temps d’écouter, d’analyser, d’examiner, de coordonner les soins, de réfléchir, de prescrire, puis de m’occuper du règlement ; je prends le temps et pourtant je sais que la rémunération n’est pas à la hauteur de cet investissement en terme de temps, d’énergie et de compétence.

Je le fais car il y a 16 ans, j’ai choisi de m’installer et d’exercer le métier pour lequel j’ai été formée durant mes années d’études. J’ai choisi la médecine générale, la médecine de proximité, la médecine de premier recours, la médecine située à la frontière du médical et du social, là où l’humanité prend toute sa place.

J’exerce un beau métier, celui que l’on fait par vocation. Mais derrière la porte fermée de mon cabinet, il existe une inquiétante réalité sur l’avenir de cette médecine générale.

J’ai adhéré à MG France dès mon début d’exercice mais cette implication prend tout son sens aujourd’hui où la médecine générale est menacée et où elle a besoin d’un défenseur.

J’aime entendre MG France qui défend l’exercice des femmes médecins, MG France qui oeuvre pour faire reconnaitre la part de travail de coordination et de synthèse que nous avons aujourd’hui auprès de nos patients et MG France qui prône une amélioration de nos conditions d’exercice (simplification des actes administratifs dont la réalisation du tiers payant, revalorisation de nos actes, aide à l’emploi de secrétaires et à l’amélioration des accès).

Sandrine Brullard, médecin généraliste à Honfleur

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