Visite à domicile: 56 euros ou rien!

photo sousLes débuts d’année sont des moments propices de réflexion et de projection vers l’avenir. Avec le passage en force de la nouvelle Loi de Santé, je ne suis pas indemne d’inquiétude quant à mon métier et à ma place dans ce nouveau maillage professionnel.

Ces pensées m’accompagnaient lorsque j’entrais dans ma voiture pour effectuer mes visites hebdomadaires. Je l’appelle encore « ma tournée » comme les anciens médecins de famille. Il est vrai que la visite est notre héritage de cet exercice professionnel antérieur que nous sommes actuellement les seuls à pratiquer encore.

Nos prédécesseurs avaient leurs journées remplies de ces visites à domicile. C’était l’époque où l’exercice de la médecine n’était pas embolisé par les tracasseries administratives, les difficultés informatiques, les demandes téléphoniques, les inquiétudes médico-légales…

J’aime ces visites à domicile car au chevet de ces patients dépendants et âgés mais néanmoins chez eux, j’ai le sentiment d’oeuvrer activement au sein de la société en évitant l’hospitalisation ou l’institutionnalisation, en maintenant un lien social, en laissant ouvert pour ces personnes un choix de vie.

Cependant, cela me révolte que cet acte ne soit pas valorisé à la hauteur de cet investissement en terme de temps passé, de service à la société, d’énergie de coordination avec les autres professionnels de santé intervenant à domicile (infirmiers, kinésithérapeutes, auxiliaires de vie, etc.) et de dialogue avec les proches… On est loin du compte quand je fais ma feuille de soins à 33 euros…

MG France revendique une revalorisation de tous nos actes. A l’heure où le mouvement de coter le C à 25 euros est en marche, MG France demande également aux autorités que la visite soit reconnue à 56 euros. Sans cette reconnaissance, la visite est vouée à disparaître. Nous avons besoin de cette revalorisation pour continuer à exercer correctement notre travail dans cet acte qui nous est propre et qui est indispensable à la société.

Sandrine Brullard Delamare

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