FMI des généralistes: la logique hospitalière conduit à l’échec! 

Version 2Force est de constater que les étudiants en médecine se détournent de la médecine générale et de son exercice en ambulatoire.

Comment inverser cette tendance lorsque l’on sait qu’au cours de leurs longues études, les futurs médecins auront des contacts assez brefs avec les médecins généralistes : seulement un stage de deux mois pour les externes avant le concours de l’internat et le choix de de leur filière professionnelle ; et seulement un stage de 6 mois chez le praticien pour les internes de médecine générale (et pour la moitié d’entre eux uniquement un semestre en SASPAS*) ?

Les futurs médecins généralistes sont donc baignés dans cet univers hospitalier pour leur formation et au mieux, il y régnera une neutralité bienveillante vis à vis du médecin de ville dont l’activité dans sa globalité est souvent méconnue.

Nous connaissons au fond de nous cette distance entre l’exercice ambulatoire et l’exercice hospitalier parce que nous avons, nous aussi, été formés à l’hôpital et nous savons que les services hospitaliers ne se prêtent jamais à la découverte de la médecine générale dans sa diversité.

Les services hospitaliers ne sont pas les lieux où se croisent dans un même temps tous les âges de la vie (du bébé au sujet âgé en passant par l’adolescent et la femme enceinte…). Les services hospitaliers ne sont pas les lieux où se mêlent toutes les pathologies des plus bénignes aux plus graves et des plus aiguës aux plus chroniques… Les médecins hospitaliers ont rarement une relation singulière et autonome qui s’inscrit aussi intimement dans la durée avec les patients. Les médecins hospitaliers ne connaissent pas cette place particulière qu’est la médecine du premiers recours, celle par où souvent l’histoire médicale commence pour les patients.

Seule la médecine générale offre cette vaste palette d’exercice où le médecin traitant aurait idéalement la place du coordonnateur des soins.

Malheureusement, la médecine générale n’a pas la reconnaissance voulue et les généralistes enseignants du département de médecine générale peinent à trouver des médecins accueillant des étudiants de 2ème et 3ème cycle. Et pourtant, c’est par ce biais que l’avenir de la médecine générale se joue.

Les jeunes médecins ne seront attirés par la médecine générale qu’en nous donnant les moyens de nous investir dans leur formation au sein de nos cabinets et ce dès leurs premières années d’études. « La formation universitaire actuelle, pratiquée quasi-exclusivement à l’hôpital, fabrique logiquement des hospitaliers. La médecine salariée hospitalière est une norme pour les étudiants, qui les conduit, promotion après promotion, vers des postes salariés. »

Pour toutes ces raisons, MG France demande instamment que la spécificité de l’enseignement de la médecine générale au sein des cabinets soit reconnue et valorisée.

*SASPAS Stage Ambulatoire en Soins Primaires en Autonomie Supervisée

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