Conditions d’exercice, subir ou agir?

00391_forgottenbottle_2560x1600J’ai 35 ans et il y a 5 ans j’ai choisi de m’installer dans un petit village étiqueté comme étant dans une « zone déficitaire » en terme de densité médicale.

Fort de mes convictions, je me suis investi avec passion dans la médecine générale.

J’ai trouvé rapidement un écho auprès de nombreux patients qui m’ont apporté une belle reconnaissance mais aussi une grande responsabilité devenue trop lourde au fil des mois eu égard à l’attente qu’ils avaient de moi. Des joies initiales d’exercer en libéral le métier que j’avais choisi, je n’ai commencé qu’à voir les mauvais côtés…

Je commençais mes journées avec le sentiment de devoir lutter perpétuellement contre cette pression des patients (les visites, les consultations urgentes, les demandes multiples et variées, etc.) et de ne pas être honoré financièrement à la hauteur de mon investissement. Je terminais mes journées épuisé devant le travail administratif qui m’attendait (les dossiers à remplir, les courriers à lire, les résultats d’examens à étudier, etc.) avec encore une fois une absence de reconnaissance de cet aspect chronophage de mon métier.

Les jours se succédaient sans que j’ai l’impression de sortir de ce flot incessant de travail. Si j’essayais de me libérer du temps afin de me ressourcer et de retrouver l’énergie qui me manquait ; le retour était pire avec une pression et des remarques délétères qui n’avaient cessé de croitre proportionnellement à mon temps d’absence.

Je me suis senti seul et isolé dans mon cabinet et j’ai eu peur. J’ai eu peur car cette situation me rappelait cette spirale dépressive que je savais si bien diagnostiquer chez mes patients. J’ai eu peur car j’ai commencé à exécrer ce métier que j’aimais tant il y a 5 ans…

J’ai choisi de partir car déplaquer était la solution qui s’est imposée à moi. Je l’ai fait avec regret et avec un goût d’inachevé mais je n’ai pas pu trouver d’autres alternatives à cette mesure radicale et salvatrice pour moi.

MG France ne veut pas que les jeunes médecins perdent leurs espoirs en la médecine générale et s’en détournent. MG France oeuvre afin qu’il y ait des solutions aux zones déficitaires et que ceux qui ont fait le choix de ce pas de l’installation soient soutenus et accompagnés.

MG France est attentif à ce que la nouvelle convention valorise tous les aspects de notre métier et apporte ainsi la reconnaissance attendue et nécessaire pour que tous les médecins généralistes gardent l’envie d’exercer leur profession et ne s’en détournent pas. A lire les + de la nouvelle convention

Cette convention ne suffit pas, il y a encore beaucoup à faire pour faciliter l’exercice de la médecine générale, pour que les plus jeunes s’installent et que tous, nous nous épanouissions dans ce métier.

C’est l’engagement d’MG FRANCE et c’est le combat de chacun des médecins généralistes. Pour agir dans ce sens, rejoins MG FRANCE.

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