Equité n’est pas égalité mais parité!

parcourt-combatanteNous lisons partout que la nouvelle convention apporte enfin une équité tarifaire entre les spécialités médicales.

Mais pourquoi parlent-ils d’équité tarifaire plutôt que d’égalité ?

L’égalité aurait été une répartition de l’enveloppe conventionnelle à parts égales entre les spécialités sans se soucier des besoins ou des difficultés des uns et des autres.

Cette convention n’est donc pas égalitaire car pour la première fois, elle a privilégié ceux qui en ont le plus besoin : de très loin les médecins généralistes suivis des plateaux techniques lourds.

C’est donc un premier pas vers l’équité mais le chemin reste à construire pour les syndicats et la CNAM qui doivent garder en tête que la médecine générale a et aura besoin d’une attention particulière pour parvenir à l’équité tarifaire avec les autres spécialités.

Cette prise de conscience par les pouvoirs publics de la fragilité de la médecine générale et de ses difficultés met en perspective au sein de notre propre corps de métier une iniquité ancienne et tenace.

En effet, il est tentant de faire la comparaison entre la médecine générale et la représentativité des femmes dans le monde syndical médical. Elles sont encore très minoritaires alors même que le nombre de médecins femmes ne cesse de croître. Pourtant il y a égalité entre les hommes et les femmes : mêmes droits, mêmes devoirs devant la loi, même liberté de penser, de dire, de faire, de nous présenter.

Mais comme la médecine générale, ce n’est pas d’inégalité dont souffre la démocratie syndicale mais bien d’iniquité.

Les stéréotypes de genre sont tenaces et le sexisme coriace dans cette profession. Le résultat des courses sont : 5 % de femmes dans les instances représentatives de la CSMF, 18% à MGF, 6% au Conseil de l’Ordre… alors que 46% des médecins généralistes et 50% des praticiens dans les autres spécialités sont des femmes.

L’égalité est prônée comme la solution mais elle ne réduit pas les iniquités. Pour les réduire, il faut des actions spécifiques qui les corrigentegaliteequite

Un jour, une fois que seront dépassés les stéréotypes et les craintes, nous n’aurons plus besoin de garantir l’égalité.

Mais en attendant que la société change, nous nous devons d’organiser l’équité dans la représentation de la profession. Pour cela, une règle a déjà fait ses preuves, parfois controversée et vilipendée, la parité est néanmoins un moyen de parvenir à l’équité dans notre profession en pleine mutation.

L’équité, c’est la juste représentation des expériences et des espérances des un(e)s et des autres. C’est le moyen d’améliorer les performances syndicales. Avoir des syndicats qui nous représentent vraiment, c’est accepter l’évolution de la profession et l’accompagner.

En Normandie, lors des dernières élections, nous avons élaboré une liste basée sur la parité entre femmes et hommes. Nous prenions également en compte des critères géographiques et les différents modes d’exercices. Nous avons dû élargir notre champ de recherche au delà des cadres traditionnels. Cela nous a permis de connaître de nouvelles recrues qui se sont investies à différents niveaux dans nos instances. Pour elles, ce fut le moyen « de mettre le pied à l’étrier » et pour nous l’occasion de préparer l’avenir.

MG Normandie

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