Démographie médicale en Normandie


Dans quelques mois, je pars en retraite et je n’aurai pas de successeur. Je laisserai ma patientèle aux rares médecins encore présents sur mon secteur, qui eux aussi sont en fin de carrière.
Je pars triste de cette situation car j’ai le sentiment d’abandonner sans alternative les patients qui m’ont fait confiance au cours de toutes ces années.
Je suis triste aussi car j’aime mon métier et je m’interroge sur les freins qu’ont les jeunes médecins à sauter le pas de l’installation.
Même si certains moments sont difficiles, j’ai trouvé dans la médecine générale mon équilibre de vie. J’ai oeuvré pour adapter mes horaires et pour mettre ainsi un cadre qui me protège. Les patients se sont adaptés et j’ai pu ainsi profiter de ma vie de famille.
J’ai connu l’époque du paiement à l’acte unique mais maintenant l’arrivée des nombreux forfaits et des nouvelles cotations valorisent notre exercice et notre investissement auprès de la population. J’ai le sentiment d’être mieux reconnu dans mes actions de suivi et de prévention auprès de ma patientèle. Je regrette néanmoins l’absence de revalorisation de la visite même si cet acte est nettement moins présent dans mes journées qu’à mes débuts…
Désireux de maintenir le lien avec les jeunes médecins, je suis maitre de stage. Souvent enthousiastes par l’abord de ce métier qu’ils voient dans mon cabinet, souvent disponibles pour les remplacements que je leur propose… aucun ne désire s’installer. Je m’interroge sans réponse.
Que deviennent les internes fraichement diplômés ? Que font-ils ? Où vont-ils ?

Dr Alain Masseron, Cherbourg

MG Normandie élabore un projet autour de ce thème afin d’apporter des réponses mais aussi et surtout des solutions.

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